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This review of The Memphis Sun Recordings was published in Quebec Audio, a
french-canadian audiophile magazine, May/June 1998 edition, page 55, under the
title of the monthly review page: Rocking with... Sylvain Cormier. Le nécessaire pélerinage à la Mecque du rock'n'roll par Sylvain Cormier Johnny Rivers,
C'est la Mecque, l'Eldorado, Saint-Jacques de Compostelle, l'Atlantide et les Sept Merveilles du monde antique en une seule petite bâtisse de briques usées á l'angle des avenues Marshall et Union, au coeur d'un quartier défraîchi de Memphis, Tennessee. Pour l'amateur de rock'n'roll des origines, le pélerinage au studio des disques Sun de Memphis est incontournable. Etre lá, au beau milieu de la minuscule pièce qui servait de local au Memphis Recording Service, fouler ce plancher de prélart, tâter ces tuiles acoustiques, c'est témoigner a posteriori d'un moment capital: on est instantanément transporté en juillet 1954, alors qu'Elvis Presley, le discret guitariste Scotty Moore et le jovial contrebassiste Bill Black, pour passer le temps durant une pause, s'amusèrent á jouer un vieux machin rhythm'n'blues d'Arthur Big Boy Crudup intitulé That's All Right, Mama, déclenchant presque par accident quarante-quatre ans d'histoire du rock. Tous les jours, hordes de touristes et disciples du culte y paradent. La nuit, on y enregistre encore et toujours des disques: bon nombre de stars et d'aspirants-stars ne résistent pas á l'appel quasi religieux de ce lieu miraculeusement intact où les Presley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Roy Orbison, Johnny Cash et autres pionniers écrivirent chacun leur chapitre d'évangile. Déjá, dans les années 60, les britanniques Yardbirds s'y arrêtèrent en 1965 le temps de reprendre á leur compte le Train Kept-A-Rollin du Johnny Burnette Trio. Depuis, Ringo Starr, Alain Bashung, les Irlandais de U2 y gravèrent des titres. Et ce n'est pas fini. á son tour, Johnny Rivers a récemment visité le saint sépulcre. Johnny Rivers? Mais oui, rappelez-vous, John Ramistella dit Rivers, roi du Sunset Strip á Los Angeles dans les années 60, indélogeable rockeur-maison du Whisky-A-Gogo, fabuleux chanteur et solide guitariste capable de refontes rock'n'roll extrêmement relevées (Memphis, Mountain Of Love), signataire de quelques notables succès, dont l'admirable Poor Side Of Town. C'est á une véritable plongée en apnée dans le catalogue Sun qu'il nous convie ici, ravivant de la meilleure façon possible, avec chambre d'écho, instruments d'époque et collaborateurs aguerris, dont l'inestimable guitariste James Burton, une vingtaine des titres de gloire d'Elvis (Mystery Train, Tryin' To Get To You, I Forgot To Remember To Forget), Johnny Cash (Big River), Carl Perkins (Honey Don't, Matchbox, avec le regretté Carl lui-même en charge des solos), en plus de revisiter ses propres Mountain Of Love et Poor Side Of Town. Sans un iota de nostalgie baby-boomienne, Rivers professe tout bonnement sa foi inébranlable en cette musique sans âge, ce rockabilly éternellement juvénile qui donne du coeur au ventre, de la mine dans le crayon et du brillant dans les yeux á celui qui la pratique. Difficile á dénicher dans les étals des disquaires, The Memphis Sun Recordings s'obtient aisément á la boutique adjacente au studio Sun, via le numéro sans frais 800-441-6249. C'est moi qui vous envoie. Copyright: Sylvain Cormier/Québec Audio 1998.-30- |
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